« Femmes et défis contemporains : Regards croisés »
Argumentaire
L'objectif central de la conférence est d'examiner de façon pluridisciplinaire des problématiques contemporaines auxquelles les femmes marocaines font face, en incluant des points de vue juridiques, politiques, sociologiques, anthropologiques et patrimoniaux. Cette analyse cherche à suggérer des mesures appropriées pour favoriser l'égalité des sexes et l'émancipation féminine, tout en tenant compte des particularités culturelles et sociales du Maroc. En utilisant une méthodologie scientifique rigoureuse, nous examinons les problématiques qui entoure notre thématique sur la réalité basée sur les informations institutionnelles et sur des recherches empiriques. Une pensée qui s'inscrit dans un cadre où l'égalité de genre est un défi fondamental pour le progrès socio-économique du Maroc, et pour la mutation de la société via l'acceptation complète des droits des femmes.
La réforme de 2004 du Code de la famille (Moudawana) constitue un changement remarquable dans la législation marocaine concernant l'égalité du genre. La réforme a contribué à consolider les droits des femmes, notamment en ce qui concerne le mariage, le divorce et la garde des enfants. Par son article 19 de la Constitution (2011), l'État marocain s’est engagé à assurer l'égalité entre les hommes et les femmes. Dans le cadre de son engagement pour l'égalité et la justice sociale, le Maroc a entamé en 2022 une nouvelle révision du Code de la famille, en réponse aux changements sociétaux et à des demandes croissantes liées aux droits des femmes. Cette réforme, initiée par l'allocution royale du 30 juillet 2022, a pour but de corriger les insuffisances encore existantes dans la Moudawana, particulièrement en termes de garde légale des mères, d'équité en matière de succession et de sauvegarde des droits des enfants. Dans cette perspective, un vaste processus de consultation a été initié en 2023, impliquant des institutions judiciaires, des spécialistes du droit et la société civile dans le but d'élaborer des modifications pionnières et conformes aux réalités contemporaines. Au-delà d'une simple actualisation législative, cette réforme représente une ferme intention politique de mettre en place un modèle juridique équilibré qui allie les principes islamiques, les valeurs universelles des droits de l'homme et les particularités culturelles marocaines. Elle s'inscrit dans une perspective clairement orientée vers l'avenir. Des recherches ont révélé que malgré des progrès juridiques, l'écart entre la législation et la réalité demeure préoccupante, en particulier dans les zones rurales. En outre, les femmes qui subissent des violences se trouvent en particulier confrontées à un manque de protection juridique, en dépit de l'existence de lois telles que la Loi N°103-13 contre la violence à l'égard des femmes.
Sur le plan politique, des avancées ont été effectuées, en particulier grâce à la modification de la Loi électorale en 2002, qui a instauré les quotas de représentation des femmes dans les structures politiques. Lors des élections de 2021, le taux de femmes élues au parlement a donc haussé à 20,5%. Toutefois, ce chiffre demeure modeste en comparaison avec les normes internationales, la représentation féminine au parlement étant de 25% à l'échelle mondiale.
L’aspect sociologique de la situation des femmes au Maroc se définit par des conflits entre modernité et tradition. Selon le rapport 2020 de l'Observatoire National des Droits de l'Homme, les femmes en milieu urbain bénéficient de plus d'opportunités en matière d'éducation et d'emploi, malgré tout, elles rencontrent encore des obstacles concernant leur indépendance économique et professionnelle, principalement du fait des contraintes familiales et sociales.
L'analyse anthropologique venait également d’approfondir la réflexion vis-à-vis du rôle des femmes dans la culture marocaine qui révèle une implication historique, mais régulièrement non visible, dans l'édification de la société. D'après plusieurs recherches, les femmes marocaines ont été essentielles dans la conservation des coutumes culturelles, comme les métiers de la gastronomie, de l'artisanat et de la musique.
En ce qui concerne les femmes et le patrimoine, une perspective plus étendue s’impose, la révision du patrimoine culturel marocain offre un cadre pour examiner comment les femmes redessinent leur rôle dans cet héritage. Le document de l'UNESCO relatif à la diversité culturelle et le rôle des femmes (2019) met en lumière le fait que les femmes marocaines, en particulier celles provenant des zones urbaines, participent de manière croissante à l'élaboration et à la redéfinition du patrimoine culturel. Cela se manifeste particulièrement par le biais de projets visant à mettre en valeur les arts, les traditions et les pratiques sociales.
Le comité d'organisation ; Coordonnatrice de l'évenement : Pr. Rachida BOUCHTA
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